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L’approche de Guebwiller
Le coeur léger, le pèlerin aborde Guebwiller. On trouve trace de cette ville dès
774. Guebwiller doit son développement au monastère de Murbach, tout proche. La première
église fut dédiée à Saint-Léger. Avant l'installation de l'Ordre Teutonique, les
Dominicains avaient déjà fondé un couvent sous le nom de "Porte des Anges" consacré
à saint Michel et à saint Jacques, en 1298. Le couvent fut la proie des flammes au
XVIe siècle. En 1466, l'évêque de Bâle consacra plusieurs autels dans le nouveau
couvent dont l'un à saint Jacques.
En 1514, Philippe Henriot et Gervais Schüler, deux habitants de Guebwiller partent
en pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. D'après le chroniqueur du couvent des
Dominicains de Guebwiller, ils ont fait le voyage aller ensemble mais se séparent
au retour parce que l'un d'entre eux veut visiter le monastère de Montserrat; curieusement,
ils rentreront tous deux le même jour, celui de la Saint-Jacques !
Notre-Dame de Thierenbach doit son origine à des moines bénédictins. Au Vllle siècle
sur l'instigation du Comte Eberhard d'Eguisheim ils s'installent à Murbach. En 730
il y aurait eu à Thierenbach un oratoire dédié à la Vierge Marie. A la fin du siècle,
ce sanctuaire devient pèlerinage. En 1125 , un jeune noble de Soultz gravement malade
se fait porter jusqu'à Thierenbach pour implorer la Vierge. Le Miracle a lieu, le
jeune homme est guérit. Il cède ses biens à Thierenbach et se fait moine à Cluny.
L'abbé Pierre le Vénérable à qui le jeune homme a parlé du lieu et de la communauté
de Murbach, vient faire une visite à Thierenbach. Un prieuré est érigé avec une maison
pour religieuses. En 1506 on y fonde la confrérie de Saint-Jacques. De nombreux pèlerins,
en route pour Saint-Jacques y font étape.
Texte de Gilbet Mosser

Sur le chemin des étoiles
Le pèlerinage est né de la découverte vers l'an 800 du sépulcre de Saint Jacques,
frère de Saint Jean l'évangéliste et premier apôtre martyr de la chrétienté. Les
premiers écrits mentionnant la prédication de Jacques en Espagne remontent au VIIe
siècle.
Saint Jacques aurait quitté le Proche-Orient au Ier siècle avec pour mission de prêcher
la parole du Christ en occident jusque dans la péninsule Ibérique. Rentré en Palestine,
il fut décapité sur ordre du roi Hérode Agrippa. Recueillie par ses compagnons, sa
dépouille fut portée dans une embarcation. Guidée par un ange, l'esquif franchit
le détroit de Gibraltar avant de s'échouer sur les côtes de Galice.
Les pèlerins avaient pour coutume de rapporter puis de se voir remettre comme témoignage
de leur voyage des coquilles de pectens, qu'ils fixaient à leur manteau ou à leur
chapeau, d'où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques.
La coquille Saint-Jacques était le signe à l'issue du voyage que c'était un homme
nouveau qui rentrait au pays. Elle deviendra l'un des attributs reconnaissables du
pèlerin, avec le bourdon, la besace et le chapeau à larges bords. La coquille fut
même gravée dans la pierre sur les frontons ou les chapiteaux des églises qui servaient
d'étape aux pèlerins.
Le chemin n'en restait pas moins semé d'embûches et il n'était pas rare que des pèlerins
périssent avant d'arriver à destination (cela arrive encore en 2007). Aux intempéries
succédaient des brigands surnommés coquillards, bien heureux de profiter de l'aubaine
que représentaient ces braves gens en les détroussant lors de péages imaginaires,
quand ce n'était pas tout simplement pour les laisser pour morts.
De tous temps, les pèlerins ont emprunté les voies de communication de tous les autres
voyageurs. C'est à partir de 1882, avec l'édition du dernier Livre Codex Calixtinus
que s'est répandue la notion de chemins de pèlerinage.
Il est parcouru depuis le IXe siècle par des chrétiens faisant étape dans des monastères,
le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée célèbre, où les
marcheurs croisent les amateurs d'art roman et de nature.




Guebwiller se trouve à
2192 Km de Santiago de Compostella
en passant par la via Podiensis (1530 km), qui tire son nom du Puy-en-Velay ; lieu
de rassemblement et lieu de pèlerinage marial ; ce chemin est balisé comme « GR
65 », dès Genève ; le trajet Genève-Le Puy est appelé via Gebennensis.
Des chemins de Saint-Jacques ont été tracés par la FFRP (Fédération de Randonnée
Pédestre) à partir du début des années 1970. Le premier exemplaire du topo-guide
du GR 65 pour le tronçon Le Puy - Aubrac date de 1972. Ce chemin de Saint-Jacques
est devenu le GR 65.
C’est en 2000 que l’association des Amis de Saint Jacques en Alsace traça la portion
de chemin allant de Strasbouge à Belfort avec la collaboration du Club Vosgien qui
effectua le balisage aux normes européennes. Il fût inauguré en 2003.
Cent mille pèlerins vers Saint-Jacques ont été recensés à Compostelle pour l'année
sainte 1999 et près de deux cent mille en 2004. Ils se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle
à pied ou à vélo, parfois à cheval.



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